Camille en cavale

Ayé ! Il est sorti !!!!

Début du 1er chapitre :

Camille terminait tout juste la lecture du roman farfelu "Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire" de Jonas Jonasson et envisagea comme lui d'échapper à sa vie insipide.
Allan, le héros centenaire de cette histoire, avait rempli son existence très intensément, parcourant le monde, et le jour de ses 100 ans, décida de s'éclipser de la maison de retraite où il dépérissait.

Camille, elle, venait de "célébrer" ses 50 ans et n'imaginait pas atteindre la longévité d'Allan. Selon les statistiques, elle disposait tout de même d'un avenir d'une trentaine d'années et comptait bien les vivre à fond. En bonne santé, pas épuisée physiquement, elle se "reposait" depuis quelques mois contre son gré dans cette clinique de luxe, grâce aux bons soins de son mari et de ses enfants.

Son chat surtout lui manquait : un magnifique Persan adopté au refuge local, nommé Pompon en hommage au sculpteur animalier qu'elle admirait. Le matou avait été "saisi" dans une animalerie parisienne par la "CAT" - la cellule anti trafic de la SPA - en compagnie de 200 congénères.

Au vu de son CV - mauvais traitements, importation illégale via la Belgique, élevage intensif et clandestin - le chaton efflanqué et malade était destiné à un achat coup de cœur par des clients d'une animalerie, sinon il finirait euthanasié.

Camille, à la recherche d'un compagnon, avait craqué dès le premier miaou, et ensemble, ils avaient partagé quelques belles années.
Aussi, suite à son décès traumatisant - écrabouillé devant ses yeux par le camion des éboueurs - elle déprimait à la manière de Tony Soprano, le parrain mafieux dépressif. Lui imaginait des canards nageant dans sa piscine, elle, souffrait de troubles obsessionnels compulsifs.
Tout d'abord, une légère trichotillomanie l'incommodait : elle s'arrachait les poils des avant-bras (lui rappelaient-ils la splendide fourrure de Pompon ?), suivie d'une syllogomanie assez sévère : elle collectionnait en abondance les boules à neige musicales, toutes plus kitsch les unes que les autres.
Elle possédait bien sûr les plus classiques : les chants de Noël déclinés en plusieurs langues dont "Vive le vent", "Douce nuit", "Mon beau sapin" ; l'inévitable "Marche nuptiale" ; "Le lac des cygnes" pour les mélomanes, jusqu'aux plus modernes "Here comes the sun" et "We are the champions", entre autres.

Malgré cela, Camille pleurait sans raison, ne sortait plus : à quoi bon ?
Finalement, elle consulta Bernard son médecin généraliste et ami proche, qui lui prescrivit des antidépresseurs ainsi qu'un léger lifting, puisqu'il exerçait incidemment la fonction de chirurgien esthétique.
La disparition de ses rides ne lui ramènerait certes pas Pompon, mais lui changerait assurément les idées...




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