Les polissons tome 2




Extrait de "ENTRE PASSÉ ET PASSION, PATIENCE..."

La bio enfin dévoilée, de la facétieuse madame Bignole

"Avec le temps, 
Avec le temps, va, tout s'en va,
On oublie le visage et l'on oublie la voix..."

Tant mieux ! Certaines liaisons laissent des lésions. 
L'étincelle perçue chez l'être aimé, se transforme souvent en une étoile plus que filante, une pauvre météorite toute moche…
Pareil pour Raoul, qu'avait pourtant pas inventé l'eau chaude. Le genre ébréché du carafon si vous voyez, et teigneux à ses heures. Lui, j'en pouvais plus : j'l'ai rectifié !
À coups de carafon, justement… 
Incinéré pour éviter l'autopsie, il ne pourra pas se retourner dans sa tombe ! 
Parole de Claudia ! Madame Claudia, pour ces messieurs. Une croqueuse d'hommes, selon quelques perfides. Des jalouses, des peines à jouir. 



Extrait de "PETITS POLARS ENTRE AMIBES"

Le Coucou

D'où vient mon surnom ? J'étais plutôt un "vpc" : un vilain petit canard, celui qui ne trouve sa place nulle part, qui a l'aspect du suspect, qui se distingue en négatif.
Originaire de la Creuse, mon père maçon, a émigré à Paris dans le 14ème, où j'ai grandi dans un boyau à la Thérèse Raquin. Un minuscule deux-pièces sombre humide, sentant le moisi, aux murs couverts de salpêtre.
On y vivait à cinq : mes parents, mon petit frère, mon oncle et moi.
Mon frère dormait dans un berceau que j'avais usé avant lui, dans l'unique chambre ; moi coincé dans le lit parental ; et mon oncle dans un genre de clic-clac, dans la pièce principale. Pas de salle de bain, une cuisine exiguë, des chiottes à la Turque, tout ça au rez-de-chaussée au fond d'une cour sans verdure : du pur Zola.
Je n'étais pas malheureux ne connaissant rien d'autre, sans souvenir de la Creuse : mes grands-parents décédés nous n'y retournions pas.
J'ai poussé là tel un Gavroche explorant le quartier, puis m'enhardissant et découvrant d'autres faubourgs de Paname. 

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